L'équipe de France de Handball, Champions du monde 2009.

2009 Champions du monde en Croatie

"ET UNE, ET DEUX ET TROIS ÉTOILES !"

Extrait de la Newsletter Handline n° 182 du lundi 02 février 2009

Cinq mois seulement. Et les revoilà, droits et fiers, sur la plus haute marche. La tête dans les cieux, les pieds sur le toit du monde. Le sacre d'hier est retentissant. Pas seulement parce que c'est le troisième mondial en quinze ans, mais parce qu'il a été conquis sur les terres de l'adversaire le plus féroce. Et parce qu'il vient nimber d'or une armada pétrie de talent, définitivement la meilleure sur cette bonne vieille terre.

C'est un crime de lèse-majesté. Un crime délicieux, élaboré avec patience, sans se précipiter. Un crime machiavélique. Il fallait le faire. S'avancer dans l'arène, têtes hautes, regards fiers. Et livrer bataille. Se ruer au combat pour aller briser le rêve de tout un peuple, éteindre le feu de la « Zagreb Arena », en fusion pendant cinquante minutes. Les cris et les chants n'avaient jamais cessé, jusqu'à ce que Jérôme Fernandez, Capitaine Flamme, surgisse pour planter la perle qui offrait un avantage de trois buts aux Experts. La bronca s'est alors interrompue. Les visages croates se sont fermés. Tout le monde avait bien compris. Personne ne pourrait plus empêcher les gars de France d'accrocher une troisième étoile à leur tunique. Personne. Pas même les projectiles jetés sur le parquet, ni l'intox d'Ivano Balic ou le coup de sang d'Igor Vori.

Ils étaient donc trop forts; ils sont si forts que ça ? Oui. Assez pour balayer en quelques instants les sourires des 15 000 visages colorés de rouge et de blanc. Assez pour chanter à gorges déployées, les yeux humides, les torses bombés, la Marseillaise au milieu des sifflets, les pieds plantés sur la plus haute marche du podium.

« C'est extraordinaire, souffle Fernandez, encore sous le coup de l'émotion. Les battre chez eux, en finale. » « Ce championnat, les Croates en parlent depuis tellement longtemps... », reprend Luc Abalo. Et pour cause, la bande de Balic s'était imaginée une nouvelle heure de gloire. Plus belle encore que celles de 2003 et 2004. Mais voilà. « Un match comme celui-là, c'est tellement rare », sourit encore l'ailier de Ciudad Real avant de trinquer avec son pote Micha Guigou.

"Elle est belle, celle-là"
Rares, pour la France du handball, les couronnes le sont de moins en moins. A peine six mois après le sacre olympique à Pékin, les Experts ont assis leur autorité sur le monde. Il n'y a plus de doute possible, cette génération est la meilleure, tout simplement. Elle est aussi la plus vertueuse, la plus spectaculaire. Ses acteurs sont des hommes de talents et de valeurs. Les dignes successeurs des Barjots, qui avaient montré la voie en 1995, en Islande en offrant à la discipline ses premier lauriers, et des Costauds de 2001. Ceux de Greg Anquetil dont les mots, au crépuscule des échanges, hier, disent toute la force de la prouesse réalisée dans le chaudron de Zagreb « Elle est belle celle-là ».

« Je crois, oui, que c'est le plus beau titre qu'on ait gagné », confie Michaël Guigou, démoniaque de réalisme face à la Croatie. Lui, comme Luc, comme Niko, comme Daouda, ont maintenant tout gagné avec l'équipe de France. Et que dire des autres, des Dinart, des Omeyer, des Fernandez... doubles champions du monde, vainqueurs de la Ligue des Champions...

Ces mecs-là, non, ne sont pas comme les autres. Ce sont des mecs d'exception. Des mecs appelés à régner un bon moment sur la planète handball.***